PRÉSERVER SON CORPS ET SES ARTICULATIONS DANS LA PRATIQUE

Généralement, pour le débutant en Yoga ou en toute autre pratique corporelle, seul le travail musculaire est pris en compte, car il est le seul à être connu, perçu ou ressenti.


Il faut du temps avant de ressentir le corps dans sa subtilité et affiner les sensations corporelles.

Certains exercices vont aider à accélérer le processus, en particulier les exercices dits "de retraits des sens", tels que "ressentir la peau et les sensations tactiles, entendre les bruits environnants comme dans un demi-sommeil, se concentrer sur une image..."

À noter, la plupart des enseignements demandent d'éviter toute sensation d'inconfort voire toute sensation d'étirement au niveau des articulations dans l'optique de les protéger et de se concentrer sur l'étirement dans le cœur du muscle (au centre de celui-ci) uniquement.


En rester à ce stade serait passer à côté du travail ostéo-articulaire.


Ce travail ostéo-articulaire révélera  la charpente de notre corps (le squelette) et fera percevoir les compensations multiples installées à notre insu depuis des années. Il suffit par exemple d'une simple entorse de cheville à l'adolescence pour modifier les appuis des pieds.

Les émotions refoulées également viennent créer des tensions profondes que le corps cherchera à compenser ensuite. D'autre part, et c'est moins connu, le non-respect des structures du corps (des articulations, la manière de se tenir, etc) provoque des tensions qui engendreront des troubles émotionnels car cela fonctionne dans les deux sens.


La vie moderne, les sports, les activités professionnelles peuvent faire énormément souffrir les articulations et beaucoup de personnes se plaignent de douleurs voire de perte de mobilité.

Bien placées, bien ajustées dans les postures ou dans la vie, les articulations seront préservées. Elles doivent subir mouvement et pression spécifiques ou mesurées afin d'assurer leur longévité ! Trop de pression induira de l'arthrose par surcharge fonctionnelle, mais pas assez de mobilisation et de pression ne permettra pas à l'os de se nourrir et se régénérer normalement.


La mobilité articulaire est limitée par la résistance des tissus mous péri-articulaires, capsule, tendons, ligaments et les fascias. En fait toutes les zones tissulaires de glissement. La lenteur et le placement correct permettront d'améliorer la visco-élasticité de ces tissus mous.


Sur la photo, la main gauche accompagne la rotation externe du fémur afin d'améliorer son placement par rapport à l'os de la hanche : le fémur se déporte pour ne pas buter sur l'os iliaque du bassin et éviter des compensations au niveau lombaires telles que la cyphose lombaire qui conduit à projeter les côtes.


Lorsque le corps est bien placé, il est alors possible de ressentir cette sensation pouvant être douloureuse qui va libérer. Par exemple, il sera possible de prendre conscience que le manque d'étirement des adducteurs vient limiter la flexion de la hanche.


La prise des postures, les Asana du Yoga est une démarche profonde, révélant le sens du Yoga : "science de l'union."

Les conditionnements et le mode de vie contemporain, conduisent à privilégier l'image de la posture.


Ce qui signifie souvent se focaliser uniquement sur le placement des mains ou des extrémités car nous sommes coupés en quelque sorte du reste du corps et les mains captent toute notre attention.

EXEMPLE DE TRIKONASANA :


Dans cet exemple, sur la photo à droite, on voit bien que le démarche du couple est de poser la main au sol coûte que coûte et de lever l'autre bras. Dans ce cas, les mains sont considérées comme l'élément premier de la construction de la posture.

Il n'y a aucun travail des jambes ou du bassin. Le corps doit se soumettre sans aucune autre considération pour mettre la main au sol et c'est tout !

La posture est effondrée, les lombaires pincées. Il n'y a ni fermeté, ni stabilité.

Prise ainsi l'énergie initiant le mouvement est totalement ignorée.

Les postures sont des organisations énergétiques dans leur forme et dans leur nom sanskrit, contenant des messages subtils.


C'est cette énergie cependant qui met en jeu toutes les articulations nécessaires du corps.


Les articulations ne sont jamais figées dans une amplitude, un travail régulier de mobilisation leur permettra de gagner en mobilité et limitera ainsi les compensations délétères.

C'est par un travail régulier d'exercices préparatoires aux Asana. Que progressivement le corps se déliera.











IL Y A DES BONNES ET DES MAUVAISES DOULEURS...

En avançant dans la pratique il devient nécessaire d'affiner ses perceptions afin de les distinguer pour progresser. C'est une des clés de la progression, sachant que d'autre part pratiquer va aider à développer le ressenti !


Il y a la douleur qui dit : "STOP", car l'alignement n'est pas là, la posture a été prise trop rapidement, trop brusquement voire trop brutalement.

Et il y a la douleur se manifestant lors de la tenue de la posture, lorsqu'elle est bien alignée et tenue, douleur qui révèle alors un déséquilibre profond par compensation, une émotion refoulée au cœur des tissus. Lorsque la posture est juste, nous sommes en capacité de laisser s'exprimer cette douleur, de la dépasser pour s'en libérer.

Mettre en situation les fascias de s'étirer engendre des stimulations des récepteurs sensitifs déclenchant des sensations désagréables et douloureuses, ce sont là encore des réactions de défense de l'organisme.

Contractilité musculaire et visco-élasticité des fascias s'opposent et se complètent. Comme toutes les paires d'opposés !

C'est en cela où les exercices préparatoires simples, ciblés et précis sont vraiment intéressants. Ils sont les meilleurs révélateurs car concentrés sur une zone précise sur laquelle la concentration sera maximale.

Cela nécessite également un minimum de connaissances en anatomie.


Sur la photo, il s'agit d'une préparation à la posture du Pigeon. Je me concentre pleinement sur la rotation externe de la hanche droite, le placement du tibia devant, l'angle du genou, la brique sous l'ischion permet au bassin d'être parfaitement aligné. Dialogue avec le corps garanti ! Une autre préparation, serait ciblée sur le travail des bras, du quadriceps gauche avec la flexion du genou, etc


Observons cette autre photo prise lors de la Masterclass1 de Dominique Martin.


Il s'agit de deux fémurs humains présentant des angles "fémur-col" différents. Ils sont matérialisés par des traits rouges.

L'angle de celui de droite approche les 170° alors que le fémur gauche est plutôt autour des 130-140°.

Voilà qui donne des possibilités différentes de mobilisation ! Avec un angle ouvert, Upavistha Konasana en version avancée sera envisageable. Ce critère peut intervenir lors de sélection en école de danse.


Ce qui doit renforcer dans tous les cas, l'idée de travailler les tissus mous, capsules et tendons autour des articulations afin de conserver santé, résistance et mobilité de nos articulations.

Les muscles doivent être étirés et tonifiés afin d'épouser la forme des os sans générer des tensions inutiles et délétères des articulations.


La photo ci-dessous, un cliché aux Rayons-X permet de bien observer et comprendre cette articulation : COXO-FÉMORALE. Comment les fémurs s'articulent avec le bassin.



ENTREZ DANS LES POSTURES AVEC LENTEUR


Les muscles sont là pour protéger les articulations, toute brusquerie entraîne immédiatement un réflexe de contraction des muscles. C'est physiologique ! Les muscles sont comme des animaux à apprivoiser, la douceur, la persévérance et le calme sont nos alliés.

Une pratique fluide en conscience n'entraînera pas ce processus.

La lenteur, la tenue de la posture posent un cadre et laissent le temps aux tissus profonds de bouger, de s'ajuster, de se mettre en place dans un travail subtil permettant les circulations d'énergie du corps.

La respiration est un guide, lorsqu'elle devient spontanément abdominale (sans gonfler le ventre) elle indique la justesse de la pratique.

Nous sommes mentalement programmés, conditionnés pour produire des efforts inutiles nous empêchant souvent de progresser en pratiquant les Asana comme des exercices gymniques.

Le travail en contre-résistance dans la lenteur est primordial. Quitter la posture par la démarche inverse en utilisant également les appuis. Prendre le temps d'écouter les réactions du corps, c'est s'ouvrir et percevoir la dimension énergétique soutenant le corps.


LE KARMA


Il n'est pas habituel de parler du Karma dans le sens qui va suivre. Pourtant il est indéniable que toutes nos cellules sont imprégnées de l'histoire de l'humanité, de notre histoire civilisationnelle, culturelle, familiale, personnelle...

Cela se manifeste dans toutes les injonctions :

"tiens-toi droit !", "redresse-toi !", "faire face !", etc.

Qui conduise notre corps à prendre pour juste, naturel, une image erronée de l'attitude juste. Nous en sommes tellement persuadés que si on nous remet sur notre aplomb, nous nous sentons de travers ou penchés par exemple.

Nous ne percevons même pas l'entrave à la respiration physiologique et à quel point nous pouvons être dans une respiration de survie.

La pratique posturale et correcte, dans le respect de notre squelette, de Yoga pourra nettoyer ce Karma, nous sortir de l'ignorance, lever les voiles de "Maya".


Bonne pratique !



Capture d’écran 2020-03-10 à 16.03.55.

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